« Chatbots », « bots », « bots de messagerie »… ces « buzzwords » vous sont certainement familiers. Rappelons tout de même ce qu’est un chatbot. Appelé aussi « agent virtuel » ou « agent conversationnel », c’est un programme informatique qui simule une conversation humaine, de manière vocale ou textuelle. Aujourd’hui, ces bots sont utilisés principalement pour gérer la relation client BtoC des marques. Quant aux utilisateurs, la valeur ajoutée à s’adresser à des bots réside dans la simplification de leur recherche d’informations qui peut s’avérer complexe et parfois lente sur le web. En somme, c’est un effort en moins à fournir pour accéder à différents services et informations. D’après une récente étude publiée par Gartner, ¼ des foyers des pays développés utiliseront un chatbot d’ici 2019. Dans l’article suivant, nous revenons sur le fameux test d’Alan Turing et les 3 grands « bots » qui ont marqué l’histoire de l’intelligence artificielle.

Alan Turing, le pionnier de l’intelligence artificielle

 

Historiquement, c’est Alan Turing, mathématicien et cryptologue britannique, célèbre pour avoir décrypté le code nazi pendant la seconde guerre mondiale et de fait contribué à anéantir l’armée allemande, qui théorise pour la première fois en 1950 l’idée qu’une machine puisse imiter une conversation humaine. Il met ainsi au point un test rebaptisé « test de Turing » qui consiste à mesurer la capacité des ordinateurs « à penser ». Le principe du test est de mettre en situation un humain qui pose une série de questions à laquelle une machine et un autre humain répondent tous deux pendant un certain laps de temps. Si à la fin du test l’interrogateur n’est pas en mesure de définir qui est la machine et qui est l’humain, la machine réussit le test de Turing. A l’époque, toutes les machines avaient échoué au test mais Alan Turing prédisait qu’en l’an 2000, ces dites machines seraient capables de tromper 30% des humains pendant une session de test de cinq minutes.

 

ELIZA, le père spirituel des chatbots

Une décennie plus tard, en 1960, Joseph Weizenbaum alors professeur au MIT, conçoit un programme informatique du nom d’Eliza. Ce programme consistait à imiter un psychothérapeute capable de reformuler les affirmations des patients en questions qu’il leur adressait ensuite grâce à un système de reconnaissance de mots clés et de réponses préenregistrées. A l’époque, ce nouveau programme avait été bien accueilli par les humains qui parfois s’attachaient même à la machine. Cependant, la limite de ce bot résidait dans le fait qu’il se contentait seulement de relancer ses interlocuteurs, incapable de construire des réponses utiles.

Aujourd’hui, les bots ont évolué pour être de véritables agents conversationnels capables, quant à eux, de répondre à des requêtes de manière très précise et ce, à partir d’une base de données.

ALICE, un des bots les plus récompensés de l’histoire

Dans la même veine qu’Eliza son prédécesseur, ALICE (Artificial Linguistic Internet Computer Entity) est un programme informatique qui fut développé par Richard Wallace en 1995. Enrichi par la suite par d’autres chercheurs, il est capable de simuler une conversation utile avec un humain. Ce bot fut récompensé 3 fois par le Prix Loebner[i] A la différence d’Eliza qui détenait 200 catégories de connaissances et qui ne pouvait que reformuler les affirmations des patients sous forme de questions, ALICE détient 40 000 catégories de connaissances et peut répondre de manière affirmative.Soit un programme beaucoup plus évolué, doté d’un système d’identification relatif à la personnalité de ses interlocuteurs — les injurieux, les moyens et les critiques. De nos jours, ce programme reste une référence en matière de chatbots.

[i] Le prix Loebner est une compétition annuelle récompensant les agents conversationnels répondant le mieux aux critères du Test de Turing.

Eugene Goostman, le premier bot à passer le test de Turing

C’est le 7 juin 2014, lors d’un concours organisé à la Royal Society de Londres, qu’Eugene Goostman, un programme informatique russe imitant un enfant ukrainien de 13 ans aurait réussi le test de Turing en dupant 33% de ses interlocuteurs après 5 minutes de conversation. Cette victoire fut cependant critiquée par la communauté scientifique qui affirme encore aujourd’hui qu’une machine passera le test de Turing le jour où celle-ci parviendra à duper ses interlocuteurs et ce, sans limitation de temps.

En cette année 2017, on attend encore le bot qui pourra tenir n’importe quelle conversation avec un humain sans que l’on puisse en déterminer la réelle nature, à l’instar de Samantha, le robot dont tombe amoureux Joachim Phoenix dans le film Her. Pourtant à ce stade, ces programmes informatiques trouvent une utilité toute particulière dans nos sociétés. Perçus comme de véritables assistants personnels, les chatbots sont de plus en plus déployés par les entreprises en interne notamment sur les applications de messagerie, pour par exemple accompagner les collaborateurs sur différents sujets (questions RH, événements internes).